Fairstreet

Social entrepreneurship & finance

Tag ‘ social venture fund ’

SVC/SE (Miami), March 17-19, 2010

novembre 3, 2009 | Comments Off | FairExchange

L’objectif principal de Fair Street est de montrer comment la finance contribue au développement des entreprises sociales. Dans nos différents reportages, nous avons insisté sur le rôle crucial que joue la finance dans la concrétisation des idées innovantes des entrepreneurs.

Ces dernières années, différentes conférences ont été crées afin de permettre aux acteurs de l’investissement responsable de se rencontrer, d’échanger des idées et d’ainsi étendre leur impact.

La prochaine conférence, qui aura lieu en Mars 2010, sera consacrée au Social Venture Capital ainsi qu’aux entreprises sociales en Amérique Latine, dans les Caraïbes et dans l’état de Floride. Fair Street y assistera et nous encourageons sincèrement les personnes ayant un intérêt sur le sujet et voulant en savoir plus sur les changements en place dans cette partie du monde à y participer également.

John Rosser, l’organisateur de la conférence nous dit « SVC/SE Miami 2010 sera un rassemblement régional majeur pour le Social Venture Capital et les entreprises sociales connectant de fait le capital aux personnes, et des idées à leur financement. Miami est en train de devenir le hub en ce qui concerne le Social Venture Capital et les Entreprises sociales en Amérique Latine, Les Caraïbes et l’Etat de Floride. Au travers des entrepreneurs sociaux, ceci se transforme directement en un développement économique et social durable pour la région. »

Passez le mot et visitez le site : www.connectionmiami.com

Suite à l’interview de Jacqueline Novogratz, voici un profil plus détaillé d’Acumen Fund, qu’elle a fondé en 2001 avec l’aide de plusieurs organisations internationales.

Acumen est un fonds international de venture capital basé à New York ayant pour objectif de résoudre des problèmes de pauvreté au travers d’une approche entrepreneuriale. Acumen cible des entreprises performantes dont les activités ont un impact positif sur les personnes représentant la « base de la pyramide » (dont le revenu journalier est inférieur à 2€). L’objectif central est de favoriser la diffusion de services et de biens indispensables tels que la santé, l’eau, le logement et l’énergie.

Acumen est financé uniquement à l’aide de capitaux philanthropiques. Ceci est une des clés de son succès puisqu’il lui permet de disposer d’un capital patient et d’adopter une stratégie d’investissement de long terme. Investir sur un horizon de 7 à 10 ans est essentiel pour l’entreprise ciblée car cela lui permet de se développer et d’être stable lorsqu’Acumen décide de désinvestir. En adoptant une stratégie d’investissement plutôt que de donation, Acumen privilégie une approche durable pour combattre la pauvreté en offrant de la dignité à ses partenaires tout en évitant de créer une dépendance financière.

Acumen offre des solutions adaptées aux besoins de ses partenaires en mettant à leur disposition différents instruments financiers et types de capitaux. Ses investissements se font soit sous forme d’actions soit sous forme de prêts oscillants entre $300,000 et $2,000,000. Basé sur un modèle « non profit », les bénéfices générés par les investissements sont systématiquement réinvestis dans de nouveaux projets.

Les bénéficiaires des services d’Acumen doivent démontrer leur aptitude à rencontrer les objectifs suivants :

- avoir un impact social majeur

- atteindre une rentabilité financière à moyen terme

- maintenir un taux de croissance soutenu

En plus de cela, Acumen exige de ses partenaires qu’ils soient entièrement impliqués dans la relation et qu’ils aient des standards éthiques et sociaux irréprochables.

En investissant ses capitaux de manière efficiente, Acumen soutient à l’heure actuelle 26 entreprises qui touchent à leur tour plus de 36 millions de personnes dans le monde.

Pour plus d’info, visitez leur site web : www.acumenfund.org

acumen

Blue Orchard est le principal acteur mondial en matière d’investissements commerciaux dans le secteur de la microfinance. Créé en 2001 et basé en Suisse à Genève, Blue Orchard soutenait fin 2008 près de 140 institutions dans plus de 40 pays.

La mission de BlueOrchard est de « contribuer à l’autonomie des personnes défavorisées dans le monde entier, par le biais d’investissements commerciaux dans la microfinance, et d’améliorer la qualité de vie des plus pauvres en soutenant leur esprit d’entreprise».

Pratiquement, Blue Orchard crée un pont entre les marchés financiers internationaux et les institutions de microfinance (IMF) en investissant dans celles-ci sous forme de dette ou de capital.

En utilisant des solutions de placement et des instruments financiers innovateurs, Blue Orchard favorise le flux entre le marché des capitaux privés et les institutions de microfinance. C’est de cette manière que Blue Orchard parvient à générer un retour sur investissement attractif tout en soutenant la croissance de millions de petites entreprises prometteuses.

Blue Orchard considère ses investissements dans les IMFs comme des partenariats durables et veut être présent à chaque étape de leur développement. Comme nous avons pu l’observer lors de notre visite dans l’entreprise CRECER, ce type d’approche est très apprécié au sein des institutions de microfinance dont les besoins de capitaux varient au fil de leur évolution.

Les investissements de Blue Orchard se concentrent sur les IMFs car il a été prouvé que c’est un mécanisme efficace permettant le développement de l’entrepreneuriat et créant de la valeur pour les personnes « à la Base de la Pyramide ». 53% des clients d’IMFs soutenues par Blue Orchard sont des femmes et reçoivent des micro-prêts variant entre 50 et 8000 dollars.

Afin de pouvoir injecter plus de capital au sein du secteur de la microfinance, Blue Orchard a lancé en 2007 son propre fonds de private equity. Au 31 décembre 2008, ce fond gérait 130 millions de dollars provenant à 80 % d’investisseurs institutionnels et à 20% d’investisseurs individuels. Les résultats du fonds ont été excellents jusqu’à présent. Cette tendance devrait se maintenir et permettre ainsi à Blue Orchard de renforcer son statut d’institution de référence en matière de soutien financier aux IMFs.

Pour plus d’info, visitez www.blueorchard.com

blueorchard

L’un des principaux défis de l’institution de microfinance CRECER est d’avoir à disposition suffisamment de capitaux afin de répondre à la demande croissante de micro-prêts. Bien qu’étant une institution rentable, CRECER nécessite donc des financements externes, tels que ceux d’Alterfin, afin d’assurer sa croissance et augmenter son nombre de clients ; en effet chaque apport de 500.000 dollars lui permet de toucher 1200 personnes en plus.

Alterfin est une institution financière belge, basée à Bruxelles, qui a pour objectif de renforcer la coopération Nord-Sud en investissant dans des institutions de micro-crédit et des associations de petits producteurs liées au commerce équitable. Au travers de leurs investissements, ils veulent contribuer à la construction d’un réseau financier accessible aux groupes socialement et économiquement défavorisés, qui n’ont que rarement accès aux institutions traditionnelles de crédit.

Alterfin ne fait pas de dons mais investit. En choisissant une stratégie de financement conforme au marché, Alterfin est en mesure de mobiliser davantage de moyens financiers tout en réduisant la relation de dépendance qu’impliquent les initiatives de charité.

Alterfin mobilise donc du capital dans les pays du Nord grâce à l’émission d’action auprès d’investisseurs privés. Le capital d’actions constitue la base financière à partir de laquelle Alterfin réalise ses investissements. Fin 2008, le capital social d’Alterfin s’élevait à 8,8 millions d’euro apportés par plus de 1200 actionnaires.

En plus de son capital propre, Alterfin gère un portefeuille d’environ 18 millions, ceci a été rendu possible grâce à un accord passé avec le fond d’investissement suisse responsAbility. Alterfin collabore également avec la banque durable Triodos. Membre fondateur d’Alterfin, la banque Triodos met une ligne de crédit à disposition d’Alterfin grâce à l’épargne générée par leurs comptes Nord-Sud.

Les investissements d’Alterfin se font principalement via l’octroi de crédit (94%), le reste du capital est investi sous forme de participations ou de garanties. Les montants de crédits octroyés varient entre 30.000 et 600.000 dollars pour une durée de maximum 5 ans et à un taux d’intérêt annuel variant entre 6 et 10%. Les projets qu’Alterfin supporte doivent d’une part avoir un impact social et économique significatifs sur les populations les plus marginalisées tout en présentant d’autre part une viabilité financière réelle.

Après plus de 15 ans d’expérience, la coopérative Alterfin gère un portefeuille total de plus de 25 millions d’euro supportant plus de 60 initiatives dans le Sud. Les investissements gérés par Alterfin ont un impact sur au moins 50.000 personnes et leurs familles. En 2008, Alterfin a connu une croissance de 17% en termes de capital.

Pour plus d’info, visitez : www.alterfin.be

CRECER: Le reportage vidéo!

juillet 11, 2009 | Comments Off | Entreprises, Vidéos

CRECER (”Credito Con Educacion Rural”) est une institution de microfinance, basée à La Paz, qui se focalise principalement sur le développement des populations rurales de Bolivie. Fonctionnant selon le modèle de “Village Bank”, CRECER offre à la fois des services financiers et des programmes d’éducation aux femmes les plus pauvres de Bolivie. Touchant plus de 97.000 personnes, CRECER souhaite construire un réseau financier accessible aux groupes socialement et économiquement défavorisés.

Pour plus d’info, lisez le profil de CRECER

Fair Street - Crecer from Angalio Productions on Vimeo.

Notre sixième visite d’entreprise se déroule à la Paz, en Bolivie, où nous avons été incroyablement reçus par l’institution de microfinance CRECER. Après une interview passionnante avec la direction de CRECER, nous nous sommes rendus à « El Alto », partie la plus pauvre de La Paz, afin de rencontrer des microentrepreneurs et d’observer sur le terrain le travail et l’impact de l’institution qui les soutient.

Problématique et Contexte:

Au même titre que l’éducation ou l’accès aux soins de santé déjà évoqués précédemment dans le projet Fair Street, l’accès au capital est un élément fondamental permettant aux populations les plus marginalisées de sortir de la pauvreté. Alors qu’habituellement, la plupart des personnes « à la Base de la Pyramide » désirant entreprendre sont dépendantes d’usuriers imposant des taux d’intérêts avoisinant les 10% par mois, l’octroi de crédits à des taux d’intérêts décents leur permet d’imaginer un futur prospère et une croissance durable de leur activité.

Avant l’invention du microcrédit à la fin des années 1970, les populations les plus pauvres des pays en voie de développement ne pouvaient avoir accès au crédit traditionnel faute de pouvoir remplir les conditions exigées par les institutions financières (documents d’identification, garanties, dépôt minimum etc.). De plus, leurs besoins financiers étaient trop limités pour pouvoir couvrir les coûts d’une opération financière “classique”. En conséquence, ces personnes ne constituaient pas un marché suffisamment attractif. Pourtant, dans la plupart des cas, ces personnes possédaient une petite activité génératrice de revenus et se trouvaient dans l’impossibilité de la développer par simple manque de capital.

En Bolivie, où 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté, cela signifie que plus de la moitié des habitants du pays ne pouvait espérer voir son activité économique s’agrandir, ce qui constituait un coût d’opportunité énorme pour le pays.

L’émergence du microcrédit a permis à ces familles pauvres d’avoir enfin accès à de petits crédits. Alors que les banques traditionnelles avaient toujours considéré les populations les plus pauvres comme étant insolvables, les taux de remboursement s’avérèrent en fait très élevés, avoisinant les 95%. En parvenant à générer un impact social positif tout en étant également rentable, ce secteur a connu une croissance fulgurante au cours des dernières décennies. La microfinance s’est en effet élargie pour proposer aujourd’hui une gamme de services financiers très diversifiés (crédit, épargne, assurance, transfert d’argent etc.) à tous ceux qui sont exclus du système financier classique.

La microfinance cible principalement les femmes, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il a été prouvé que l’impact sur l’ensemble de la famille est plus élevé lorsque le prêt est accordé à la femme. Ensuite, comme nous l’avons déjà mentionné lors du reportage sur Coronilla, la discrimination envers les femmes est un phénomène très présent en Bolivie. Alors que ce sont elles qui gèrent le ménage, elles sont encore l’objet de nombreuses violences domestiques et ne jouissent pas encore du même niveau de reconnaissance que les hommes. S’il est très encourageant de voir que cette situation a connu une amélioration significative durant ces dernières années, de nombreux progrès doivent encore être réalisés.

L’entreprise:

CRECER (”Credito Con Educación Rural”) est une institution de microfinance qui se focalise principalement sur le développement des populations rurales de Bolivie. A l’heure actuelle, l’entreprise compte plus de 90.000 clients dans les différents départements boliviens. Cette Institution de MicroFinance (IMF) fonctionne sur le modèle du “Village Banking”.

Concrètement, ce modèle implique que CRECER travaille avec des “bancos comunales” (banques de village) constituées de groupes comprenant 8 à 30 femmes. Les crédits que CRECER accorde à ces “bancos communales” peuvent s’élever jusqu’à 800$ mais tournent en général aux alentours de 300 à 400$. Les membres du groupe sont les propres gestionnaires du crédit qui leur est accordé ; elles se répartissent ces crédits suivant leurs besoins. Cependant, bien que les femmes se partagent le prêt entre elles, c’est tout le groupe qui en est responsable.

Parallèlement aux opérations bancaires, l’innovation qui fait la particularité de CRECER (même si ce n’est pas la seule IMF à fonctionner comme cela) est qu’ils associent à leurs services financiers, un programme d’éducation. Toutes les femmes à qui les crédits sont octroyés reçoivent non seulement une formation sur la gestion de leurs petites entreprises mais également sur d’autres aspects de la vie quotidienne tels que la santé, l’éducation des enfants, les droits de la femme,…

Cette combinaison de services financiers et d’éducation est au cœur du modèle de CRECER. Ils sont convaincus que l’association de ces 2 activités est le meilleur moyen pour atteindre un développement rural durable. De plus, par rapport à leur business model, ils sont convaincus que proposer un programme d’éducation leur permet d’obtenir de meilleurs taux de remboursement.

Au sein de ses services financiers, CRECER offre également des crédits individuels et des micro-assurances qui ont connu un franc succès dernièrement. CRECER accorde une grande importance aux services d’épargne ; les membres des « bancos communales » doivent en effet obligatoirement épargner une partie des revenus générés afin qu’à la fin du cycle du crédit elles aient mis entre 20 et 50% du montant total du crédit de côté. Cette obligation d’épargne répond à 2 objectifs: d’une part, cela constitue une forme d’assurance supplémentaire pour CRECER de se voir remboursé et, d’autre part, cela permet d’enseigner aux femmes à mieux gérer leur patrimoine.

Impact social:

CRECER, en fournissant du crédit à plus de 97.000 familles a eu différents impacts positifs.

Tout d’abord, en offrant des services de crédits mais également des services d’assurance santé et d’assurance vie, CRECER permet aux plus démunis d’être moins vulnérables aux chocs extérieurs. En effet, ces populations sont particulièrement sensibles à des évènements tels que la maladie de la personne qui fait vivre la famille, une catastrophe climatique, le vol,…ceux-ci ayant des conséquences immenses sur les familles étant donné leurs ressources financières limitées. Sans des services financiers efficaces, ces familles sont amenées à un niveau de pauvreté dont elles peuvent mettre des années à se remettre. Les services qu’offrent CRECER représentent donc souvent une “bouée de sauvetage” pour ces familles qui leur permet de faire face aux possibles coups durs de manière plus sereine.

Ensuite, en permettant à des milliers de femmes de devenir des agents économiques, CRECER leur permet de prendre confiance, de s’épanouir, de s’affirmer et d’augmenter leur influence au sein de la société.

En offrant du crédit, CRECER aide les plus pauvres à développer une entreprise et donc à augmenter les revenus qu’ils en tirent ce qui leur permet d’améliorer leurs conditions de vie. Les femmes possèdent donc une sécurité alimentaire accrue, peuvent offrir une meilleure éducation à leurs enfant et de manière générale ont de beaucoup plus grandes chances de sortir de la pauvreté.

En associant ses services financiers à des services d’éducation, CRECER augmente le savoir de nombreuses femmes en Bolivie ce qui a des conséquences positives sur la manière dont elles gèrent leur ménage et dont elles éduquent leurs enfants. Les formations sur l’épargne combinées à l’obligation d’épargner au moins 20% du montant du prêt sensibilisent les femmes à ce sujet et les forcent à gérer leur budget de manière prudente.

Enfin, au niveau macro-économique, les actions de CRECER stimulent également la création d’emploi et donc l’intégration de nouvelles personnes au sein du système économique.

Impact financier :

Comme la plupart des institutions de microfinance, CRECER bénéficie du soutien de plusieurs acteurs financiers. Généralement, ces institutions financières sont des acteurs du “nord” qui veulent financer des IMF’s du “sud”. Ce type d’investissement est en pleine croissance ; le taux de remboursement quasi parfait et la gestion professionnelle des IMF’s représentent des éléments attractifs pour les investisseurs. De plus, la faible quantité d’intermédiaires permet de générer un impact direct sur l’amélioration des conditions de vie des personnes à la Base de la Pyramide.

CRECER bénéficie du soutien de nombreux fonds d’investissement (Oikocredit, Incofin, Alterfin, Blue Orchard,…) mais Fair Street s’est focalisé sur le soutien financier qu’ils ont reçu d’Alterfin, une organisation belge, et de Blue Orchard, une organisation suisse. Alors que le marché à servir pour CRECER est immense et les besoins de développement des pauvres pressants, le soutien d’institutions telles qu’Alterfin et Blue Orchard permet à CRECER de croître très rapidement et de répondre à un plus grand nombre de clients sans mettre en péril sa solidité. Au sein de CRECER, l’impact des fonds est considérable ; on estime que chaque prêt de 500.000$ permet de toucher 1.200 familles supplémentaires.

Alterfin est un fonds d’investissement social belge qui investit majoritairement dans des IMF’s mais également dans des coopératives. Alterfin a accordé un premier crédit de 600.000$ et un deuxième de 700.000$ tous deux au taux libor + 3%. Alterfin fut une des premières institutions à soutenir CRECER.

Blue Orchard est la plus grande institution de financement des IMF’s au monde et est basée à Genève. Blue Orchard a investi récemment dans CRECER via un prêt d’environ 2.000.000$ qui est le plus gros prêt reçu par CRECER. Ce prêt a une maturité de 3 ans. Etant donné la taille de l’institution et l’importance de ses prêts, CRECER espère pouvoir continuer à développer sa collaboration avec Blue Orchard dans le futur.

Au fil des ans, CRECER est parvenu à se positionner comme une institution solide et professionnelle. Ayant reçu un rating A- tout en ayant un impact social considérable, elle représente une cible très attractive pour les fonds cités ci-dessus. CRECER offrira bientôt un service de cartes de crédit et sera entièrement habilitée à gérer et faire fructifier l’épargne de ses clients afin de construire un réseau financier accessible aux groupes socialement et économiquement défavorisés.

En 2002, l’entreprise Coronilla a reçu 400 000 dollars du fonds d’investissement SEAF. Cet apport, sous forme de capital et de dette, a permis à Coronilla de se convertir en société anonyme et de développer son marché d’exportation. A la fin du processus, Coronilla a eu l’opportunité de racheter les parts de SEAF.

Small Enterprise Assistance Fund (SEAF) est une société d’investissement basée à Washington. Ils se focalisent principalement sur les petites et moyennes entreprises à haut potentiel de croissance dans les pays en développement en leur fournissant du capital et en apportant un soutien technique et opérationnel.

SEAF se positionne avant tout comme une entreprise rentable et professionnelle, soucieuse du return de ses actionnaires. En plus de la performance financière, SEAF veut contribuer au développement économique et social des pays en développement. Leur stratégie est d’utiliser leurs capitaux, leur « know how » et leur réseau global afin d’accélérer la croissance et la rentabilité des entreprises avec pour objectif central de leur permettre de générer des bénéfices économiques qui profitent aux communautés locales.

SEAF est structuré en équipes locales présentes dans des marchés souvent peu attractifs aux yeux des investisseurs traditionnels (ils ont récemment ouvert un bureau local en Afghanistan) et choisit des entreprises efficientes à hauts potentiels de croissance gérées de manière compétentes. En plus d’apporter des capitaux, SEAF offre un soutien technique et opérationnel aux entreprises leur permettant de se professionnaliser et d’améliorer leur structure organisationnelle. L’entreprise Coronilla s’est par exemple convertie en société anonyme grâce au soutien de SEAF. Travailler avec des équipes locales et être attentifs à la culture de chaque pays est donc une composante essentielle du fond SEAF.

SEAF a investi plus de 260 millions de dollars dans plus de 30 pays principalement en Asie, Europe et Amérique Latine. Jusqu’à présent, le fond a accompli près de 150 investissements générant en moyenne une plus-value représentant 1,7 fois le montant initialement investit.

SEAF considère que les PME sont un outil efficace pour dynamiser la croissance des pays en développement et pour lutter contre la pauvreté. Ils se focalisent sur les entreprises ayant un impact positif sur le plan social et environnemental et excluent de leurs investissements les activités liées au tabac, alcool, armement et toutes autres activités engendrant de la spéculation ou ayant un effet néfaste sur la société.

L’investissement sous forme de capital et la dette subordonnée sont les principaux instruments financiers que SEAF utilise. Ils prennent soin de garder une certaine sécurité face à la liquidité de leurs investissements au travers « d’exit rigths » rigoureusement définis tout en favorisant une approche assez flexible pour répondre adéquatement aux particularités de chaque entreprise.

L’impact des investissements de SEAF est considérable tant d’un point de vue financier que social ; il a été prouvé que chaque dollar investi par SEAF a généré en moyenne 12 dollars au sein de l’économie locale. Les effets bénéfiques des investissements se font ressentir sur l’ensemble des « stakeholders » incluant les employés, fournisseurs, consommateurs et le reste de la société.

Le return financier moyen des investissements de SEAF est de 21%, cependant le return global (Economic Rate of Return) augmente à 66% si on inclut les facteurs sociaux et l’impact global sur la société.

SEAF se finance principalement au travers d’investisseurs institutionnels (la Banque Mondiale, la banque européenne pour le développement, le Belgian Investment Office, etc.) soucieux de l’impact social et de la durabilité de leurs investissements

Pour plus d’info, visitez www.seaf.com


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Suite à l’interview de Michael Chu, voici un profil plus détaillé d’IGNIA Fund, le social venture fund qu’il a co-fondé et dont il est le managing director.

Fondé en juin 2007 et basé au Mexique, IGNIA Fund est un fond de capital à risque cherchant à soutenir des entreprises sociales possédant un fort potentiel de croissance. IGNIA Fund organise la rencontre entre les marchés financiers et le secteur de la « Base de la Pyramide » en apportant du capital aux entreprises se focalisant sur ce secteur. Ces entreprises inspirent généralement la méfiance des investisseurs, à cause notamment d’une période d’incubation plus longue que les entreprises dites classiques, et connaissent alors des difficultés à se financer. Selon les fondateurs d’IGNIA, le marché constituant « la Base de la Pyramide » possède un potentiel énorme. En Amérique latine, ils sont plus de 360 millions d’individus à représenter la base de pyramide économique et sociale et leur pouvoir d’achat est estimé à 520 milliards USD.

En mai, IGNIA a clôturé sa 3ème levée de fonds totalisant désormais des fonds propres d’un montant de 40.7 millions USD. Soros Economic Development Fund, la fondation philantropique du célèbre investisseur George Soros, a notamment apporté 5 millions USD lors de cette levée. Comme nous l’a confié Michael Chu, les levées de fonds d’IGNIA n‘ont pas été affectées par le ralentissement mondial des marchés financiers, permettant à IGNIA de se rapprocher de son objectif de 50m USD - 75m USD d’equity. En ajoutant la ligne de crédit de $25m octroyée par la banque interaméricaine du développement, IGNIA aura un total de $75m-$100m à investir dans les initiatives traitant les problème sociaux les plus pressants de la planète. Les montants investis oscilleront entre $2m et $10m et la durée des investissements sera de 12 à 15 ans. Selon les fondateurs d’IGNIA, c’est la durée nécessaire à la réalisation d’un impact social majeur. IGNIA ne se focalise pas sur un secteur particulier et cherche à diversifier son portefeuille d’entreprises. Au niveau géographique, si actuellement leurs investissements se concentrent sur le Mexique, leur ambition est de participer au développement de la « Base de la Pyramide » dans toute l’Amérique latine.

En plus d’un return social évident, IGNIA Fund veut offrir à ses investisseurs un rendement financier au-dessus de la moyenne (15 à 30%). Si ses 2 fondateurs, Michael Chu et Alvaro Rodriguez, pensent que les entreprises ayant un impact social représentent le futur de notre société, ils pensent également qu’un changement durable ne peut s’accomplir que par le développement d’industries toutes entières (impliquant l’émergence de plusieurs entreprises). Or le développement d’industries nécessite des rendements financiers supérieurs à la moyenne. C’est pourquoi, offrir des rendements financiers intéressants est, au même titre qu’accomplir un impact social majeur, l’un des deux engagements pris par IGNIA envers ses investisseurs.

Le premier investissement réalisé par IGNIA Fund est une prise de participation de 3 millions USD au capital de l’entreprise mexicaine Primedic basée à Monterrey. Primedic offre des soins de santé de qualités aux personnes les plus démunies en se basant sur un système d’adhérents. Les capitaux apportés par IGNIA doivent permettre à Primedic d’étendre ses services dans d’autres villes du Mexique. À ce stade-ci, la performance de l’investissement dépasse largement les attentes d’IGNIA.

Pour plus d’info, visitez: www.ignia.com.mx


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Le développement de l’entrepreneuriat social est rendu possible notamment grâce au soutien financier d’institutions à la recherche d’un impact social au travers de leurs investissements. Une finance éthique et responsable passe inévitablement par l’émergence de ce type d’acteurs financiers. Si ces acteurs financiers ne représente pas encore la principale source de financement des entrepreneurs sociaux, leur nombre augmente considérablement. Vu le caractère récent, innovant et prometteur de ces acteurs, Fair Street a voulu en savoir plus sur leur stratégie d’investissements et sur leur capacité à combiner rendement social et financier.

Fair Street a eu le privilège d’interviewer Michael Chu, co-fondateur et managing director d’IGNIA Fund, l’un des premiers fond social de capital à risque actif en Amérique latine (profil à découvrir dans la rubrique « acteurs financiers »).

Professeur à l’Harvard Business School, Michael Chu est l’un des spécialistes de l’entrepreneuriat social et du secteur constituant « la Base de la Pyramide ». Diplômé de cette même école et après avoir débuté sa carrière au Boston Consulting Group, il a travaillé au sein du private equity Kohlberg Kravis Roberts à New York. Il fût également pendant 6 ans le CEO d’Accion International, une organisation qui cherche à combattre la pauvreté à l’aide de la microfinance. En juin 2007, il a donc fondé en collaboration avec Alvaro Rodriguez Arregui, le fond de venture capital IGNIA Fund.

Fair Street : Pouvez-vous définir ce qu’est un fond d’investissement social? En quoi diffèrent-ils des fonds d’investissements dits classiques? À votre avis, les investissements sociaux sont-ils plus risqués que les investissements traditionnels? Quels sont les critères pour un « bon » investissement social?

Michael Chu : À mon avis, dans sa définition la plus élementaire, un fond d’investissement social est un fond qui focalise ses investissements sur des entreprises dont l’objectif est d’avoir un impact social positif. C’est cela qui constitue la différence fondamentale avec les fonds d’investissements classiques pour lesquels la performance financière est l‘objectif principal. À partir de là, il existe de nombreux types de fonds d’investissements sociaux.  Par exemple , IGNIA Fund, que j’ai co-fondé, a pour mission d’investir dans des entreprises actives dans les secteurs à bas revenus qui vont avoir un grand impact social de par leur activité (soins de santé, logement, éducation, services basiques pour le bas de la pyramide socioéconomique et des chaînes d’approvisionnement incluant des producteurs à bas revenus) tout en combinant un rendement financier au dessus de la moyenne.

Je ne pense pas que le risque soit une caractéristique qui distingue les investissements sociaux des investissements traditionnels. Il existe des investissements risqués et sûrs tant dans les secteurs sociaux que dans les secteurs traditionnels. Par exemple avec le recul , il est clair que posséder une action de Citigroup était beaucoup plus risqué que de posséder une action de la banque Compartamos de Mexico, où la taille moyenne des prêts est encore en dessous de $500.

Pour qu’une entreprise soit un bon investissement social, celle-ci doit, selon moi être capable d’avoir un grand rendement social (ex; fournir un accès à des soins de santé primaires pour des populations à bas revenus) et générer un rendement financier significatif (ex : TRI (1) dans les 30%).

FS: En tant que manager d’un fond d’investissement social, comment parvenez-vous à trouver le juste milieu entre l’impact social et le rendement financier lorsque vous prenez vos décisions d‘investissement? L’une de ces variables ne prend-elle pas le dessus sur l’autre?

MC : Chez IGNIA, découvrir qu’un investissement répond seulement à l’un des deux critères (financier et social) est la raison même pour laquelle nous refuserions celui-ci. Selon nous, cela n’a aucun sens de générer uniquement un rendement financier. Si c’était notre objectif, mon partenaire, Alvaro Rodriguez, et moi-même, aurions continuer à nous focaliser sur ce que nous faisions après nos études de commerce. D’un autre côté, si nous trouvons quelque chose avec un grand impact social potentiel, nous estimons qu’un impact significatif ne peut être atteint qu’au bénéfice d’une taille critique, ce qui requiert non pas une seule entreprise mais une industrie tout entière, pour laquelle un rendement financier supérieur est essentiel.

FS: Comment la crise actuelle va-t-elle influencer l’accès au capital pour les entrepreneurs sociaux? Pensez-vous qu’en conséquence de cette crise, les gens vont investir une plus grande proportion de leur argent dans des institutions socialement responsables telle qu’IGNIA Fund? Les évènements actuels peuvent-ils représenter une opportunité pour les entrepreneurs sociaux  de gagner en importance dans le débat public sur les fondamentaux d’un modèle économique durable.

MC : La crise actuelle va rendre l’accès au capital difficile pour tout le monde. Cependant, les deux dernières levées de fond menées par IGNIA étaient postérieures au ralentissement des marchés de capitaux mondiaux. De plus, nous espérons pouvoir continuer à lever les fonds nécessaires à la réalisation de nos objectifs dans un futur proche.

Bien que j’aimerais pouvoir penser que la crise actuelle va permettre de rediriger les marchés de capitaux vers des alternatives telles qu’IGNIA Fund, je pense que fondamentalement, cela dépendra principalement de la performance des investissements réalisés par IGNIA.

FS : Le débat que vous avez eu avec Muhammad Yunus a été largement commenté sur internet… Votre opinion est que les organisations servant le base de la pyramide devraient adopter une orientation de marché et des stratégies commerciales. Pourriez-vous développer cela plus en détail?

MC : Notre victoire sur la pauvreté dépend de quatre éléments: l’émergence d’initiatives à large échelle, durables, en amélioration constante et à l’efficacité croissante. Les ONG’s, la philanthropie et les agences de développement peuvent commencer des initiatives mais ne peuvent fournir elles-mêmes  des initiatives à large échelle et permanentes. D’un autre côté, les gouvernements ne peuvent pas fournir une amélioration et un gain d’efficacité continu. Des activités basées sur la loi du marché, représente l’unique manière que les humains connaissent et permettant d’accomplir ces quatre critères de manière simultanée et systématique.  Néanmoins, ceci ne peut s’accomplir à l’aide d’une seule entreprise mais au travers de la création d’industries entières. Et je ne connais qu’une manière de créer une industrie: au travers d’une activité économique et un rendement financier au dessus de la moyenne.

Une mise en garde cependant. Si nous utilisons des mécanismes de marché avec l’objectif de résoudre des problèmes sociaux, nous devons également comprendre que, sur le long terme, la seule manière de s’assurer que les bénéfices provenant de la création de valeur additionnelle ne soient pas accaparés par les investisseurs et managers mais qu’ils continuent à parvenir à ceux qu’ils cherchent à aider, grâce à une compétition ouverte, transparente et intense. Dans ces circonstances, les prix vont diminuer, la diveristé des produits va augmenter et les services offerts aux clients vont s’améliorer. Le succès commercial de la microfinance en est le meilleur exemple.

(1) TRI: Le Taux de Rentabilité Interne est une mesure indiquant la qualité d’un investissement. Le TRI est le taux d’actualisation pour lequel la Valeur Nette Actualisée des cash flows générés par l’investissement est égale à zéro. Etant donné que un taux d’actualisation inférieur au TRI donnera une VAN positive, plus le TRI est élevé, plus l’investissement sera retenu comme intéressant.

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