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CEGIN: Le reportage vidéo!

juin 2, 2009 | Comments Off | Entreprises, Vidéos

À l’aide de ses cliniques CEGIN et du système SER, le docteur Gronda cherche à  fournir des soins de santé de qualité aux gens « à la Base de la Pyramide ». En suivant plus de 40 000 patients, CEGIN contribue au développement des communautés les plus marginalisées de la province de Jujuy en Argentine.  La force de travail étant l’outil principal des paysans des régions rurales, l’accès aux soins de santé constitue la base du développement économique et social.

Pour plus d’info, lisez le profil CEGIN

 

Fair Street - CEGIN from Angalio Productions on Vimeo.

 

CEGIN: Des soins de santé pour tous

juin 2, 2009 | Comments Off | Entreprises

Après s’être intéressé à la problématique des cartoneros, de l’éducation et de l’accès à l’eau, le troisième reportage Fair Street met en avant un médecin hors du commun qui veut offrir des soins de santé aux plus pauvres.

Problématique : la santé

Dans le précédent reportage, nous avons insisté sur l’éducation comme le facteur essentiel du développement économique et social. La santé doit être considérée comme un deuxième facteur fondamental pour construire le futur de manière durable. En effet, impossible d’imaginer le développement d’un pays sans la mise en place de soins de santé adéquats. Dans les populations rurales où la force de travail est l’outil principal des paysans, la santé est primordiale et une base préalable à tout progrès. Dans les régions reculées, les femmes et enfants souffrent particulièrement des conditions de vie difficiles ; un des objectifs du millénaire des Nations Unies est de diminuer de ¾ le taux de mortalité maternelle d’ici 2015. La province de Jujuy est spécialement affectée par ce problème où le taux de mortalité maternelle est 10 fois plus élevé qu’en France.

Contexte :

En Argentine, plus de la moitié de la population n’a pas accès à la sécurité sociale. Lorsqu’une personne bénéficie de la sécurité sociale grâce à son statut de travailleur, celle-ci décidera cependant dans certains cas de souscrire à une assurance privée car elle se retrouve face à un système des soins de santé souvent inefficient et cela principalement pour 2 raisons. Tout d’abord, il est décentralisé au niveau des provinces, ce qui engendre de fortes différences d’une région à l’autre d’Argentine. Ensuite, l’état étant incapable de fournir un ensemble de solutions complet, plusieurs associations de travailleurs créent leur propre « obra social » (sécurité social) ce qui amène des irrégularités et de nombreux problèmes d’organisation. La population argentine a donc 2 options qui s’offrent à elle ; soit les systèmes de soins de santé privés, souvent trop couteux pour les populations « à la Base de la Pyramide » ; soit  le service public qui est alors inefficient et peut générer des files d’attende pouvant atteindre plusieurs jours. Le temps précieux passé à attendre empêche alors le patient de travailler et donc de subvenir aux besoins de sa famille.

L’entreprise :

CEGIN (Centro Ginecologico Integral) est un centre médical fondé en 1989, spécialisé dans la prestation de services médicaux aux femmes pauvres vivant dans les milieux ruraux. Le centre CEGIN parvient à offrir des services de qualités à un prix 50% inférieur aux prix du marché. Pour parvenir à de tels résultats, leur stratégie se base notamment sur les principes des économies d’échelles. Le milieu médical est confronté à des coûts fixes très élevés (équipements, infrastructures,…) alors que le coût incrémental d’un nouveau client est quant à lui relativement bas. Le centre CEGIN cible dès lors un très grand nombre de patients afin de répartir ses coûts fixes. En travaillant de nombreuses heures et en traitant un large volume de patients (40000 au total), le centre peut donc assurer un service de qualité, tout en diminuant fortement le prix des consultations. Plutôt que de proposer des services gratuits, l’approche de CEGIN est de faire payer le patient, un prix bas, mais un prix juste car il a remarqué avec le temps que le patient se sent alors plus digne et en retour les médecins les traitent avec plus de respect.

Au sein du centre CEGIN, Jorge Gronda a lancé il y a 5 ans le système SER. Il s’agit d’une carte d’adhérent que le patient peut se procurer pour 10 pesos (2 euros) par an et qui donne accès aux 60 cabinets médicaux de CEGIN. Sur présentation de la carte SER, le patient bénéficie des tarifs avantageux des centres CEGIN qui facturent les consultations plus de 2 fois moins chères que le marché (à titre d’exemple une écographie dans les centres CEGIN coûte 20 pesos ou lieu de 50 pesos). L’idée centrale de la carte SER, en plus de donner accès aux soins de santé, est de créer un réseau qui pourra par la suite faire bénéficier ses membres de divers avantages. En formant ce réseau et en tirant parti du grand nombre d’adhérents, le système SER peut avoir une influence considérable sur les commerçants de la province de Jujuy. A l’heure actuelle, les détenteurs de la carte bénéficient déjà de réductions dans les pharmacies et à terme, Jorge Gronda ambitionne de développer un système de « franchise sociale » et d’étendre le champ d’action de la carte SER aux domaines de l’alimentation, de la construction, des transports,… Il souhaite que les fondamentaux nécessaires à une vie décente soient accessibles à bas prix pour toutes les personnes vivant à « la Base de la Pyramide ».

L’entrepreneur :

Jorge Gronda est un médecin originaire de la province de Jujuy. D’abord actif dans le secteur publique, il le quitte il y a plus de 25 ans pour fonder CEGIN. Fatigué des nombreuses lacunes du système des soins de santé publics en Argentine, il démarre l’initiative CEGIN avec 2 motivations : premièrement, il veut offrir des soins de santé de qualité aux personnes « à la Base de la Pyramide » économique et sociale ; ensuite il veut réduire la distance qui existe entre le médecin et le patient. Le travail de Jorge Gronda lui a valu de nombreuses reconnaissances. D’abord élu entrepreneur de l’année par la Fondation Schwab en 2005, il reçoit ensuite le prix du développement des Nations Unies et sera finalement invité à partager sa vision du futur au Forum Economique Mondial de Davos en 2008.

Impact social :

L’impact social de CEGIN et du système SER est évident et peut se résumer comme suit : permettre aux gens à la  « Base de la Pyramide » (qui par définition ne sont pas couverts par une sécurité sociale) d’avoir accès à des soins de santé de qualité. Aujourd’hui, plus de 40 000 personnes sont suivies par les cliniques CEGIN (dont 20 000 via le réseau SER). Plus de 10 000 biopsies sont réalisées chaque année au sein des cliniques CEGIN, ce qui permet d’éviter plus de 300 cancers.

Néanmoins, l’intérêt de Gronda ne se limite pas à l’accès aux soins de santé mais à la considération des personnes les plus pauvres. Lors de son interview, Gronda insiste plusieurs fois sur l’importance jouée par la carte SER : premièrement, les gens cotisent pour cette carte et ne la reçoivent donc pas gratuitement. La carte a dès lors d’autant plus de valeurs à leurs yeux. Ils ont également davantage d’exigences. Cette plus grande exigence a un impact direct sur les soins qu’ils reçoivent car ils sont plus enclins à partager des informations sur leur santé, facilitant par la même occasion le travail des médecins. Ensuite, l’appartenance au réseau SER et le fait de bénéficier de soins de santé de qualité augmente considérablement l’estime que les gens victimes d’exclusion sociale ont d’eux-mêmes. Grâce à la satisfaction des clients SER, Gronda n’a jamais fait la moindre publicité pour son système. Leur fierté d’appartenir au réseau les encourage à en parler de manière positive autour d’eux; ce bouche-à-oreille a grandement contribué au développement de CEGIN.

Impact financier :

 Soutien d’un fond : Gronda est actuellement en train de clôturer les négociations avec un fond européen. Dû à une clause de confidentialité, nous ne pouvons malheureusement pas en divulguer le nom. L’apport financier de ce fond doit permettre de consolider et d’étendre le réseau SER. Actuellement, le réseau compte 20 000 membres et l’objectif est d’atteindre le nombre de 50 000 membres sur un horizon de 5 ans. Selon les  dires de Gronda, le soutien financier venant d’une organisation extérieure est indispensable pour la réalisation de cet objectif.

Utilisation de la microfinance : 80% des problèmes de santé peut être résolu à l’aide la carte SER et des consultations que la carte offre à moitié prix. Néanmoins, certains problèmes plus sérieux nécessitent une intervention chirurgicale bien plus coûteuse. Dans ces cas, CEGIN utilise les vertus du micro-crédit pour permettre à ses clients de financer ces opérations. Le type d’opérations qu’ils doivent effectuer coûte en moyenne 3000 pesos (+/- 600 euros). Un fond de micro-crédit, financé et géré par CEGIN, octroie des crédits d’un montant équivalent à celui de l’opération. Le remboursement du crédit se fait en général en 10 paiements réguliers. Gronda est précurseur dans l’utilisation du micro-crédit pour la santé ; estimant que la santé est la base du développement, il pense qu’il est essentiel que l’accès au capital permette aux gens d’étendre leur accès aux soins de santé. Pour les cas les plus graves que même le microcrédit ne peut financer, CEGIN cherche à mettre en place un système de micro-assurance. Statistiquement ces cas ne se rencontrent qu’une fois sur 100 000, Gronda cherche à profiter de « l’effet de nombre »  du réseau SER ; la petite cotisation de tous les membres du réseau financerait le traitement des cas exceptionnels.

Le système SER dans son ensemble repose sur un principe financier fondamental: la diversification. Les membres du réseau sont à la base de son succès et de son développement. C’est pourquoi, en étendant le réseau, Gronda le consolide. Avec plus de membres, les profils de risques se diversifient et le risque global diminue. Cette diversification qui réduit le profil de risque du système est également essentielle pour le fonctionnement du micro-crédit et le développement de la micro-assurance.

Sources:

Entretien réalisé avec Jorge Gronda, fondateur de CEGIN et du système SER

Llobeta Robert, Recuperando la salud, Grupo Editorial Lumen, Buenos Aires, 2007

www.oms.org

www.undp.org

www.schwabfound.org

ETV: Le reportage vidéo!

mai 21, 2009 | Comments Off | Entreprises, Vidéos

ETV: L’eau à la source du changement social; la vidéo de notre deuxième reportage…

Fair Street - ETV from Angalio Productions on Vimeo.

Vendredi 8 mai, nous nous rendons à Jujuy afin de rencontrer le 3ème entrepreneur. Les voyages réservent constamment des surprises ; une nouvelle destination est toujours synonyme de nouvelle culture, nouveaux paysages, nouvelles rencontres,… Une grande surprise de notre aventure Nord-Argentine restera certainement notre rencontre avec la famille Gronda !

Jorge Gronda est un médecin qui a développé dans la province de Jujuy un système de soin de santé innovant. Son modèle d’organisation l’a amené jusqu’au Forum économique mondial de Davos en 2008, afin de partager sa vision du changement.

Après notre visite au centre CEGIN, Jorge nous invite à déjeuner chez lui avec sa famille. Dans une ambiance très décontractée, nous réalisons rapidement le rôle essentiel que joue la famille de Jorge dans le développement de son organisation ; sa femme Irene et son fils Simon connaissent les moindres détails de l’organisation et leur implication est un élément primordial afin d’accompagner Jorge dans ses réflexions…

Plus qu’un entrepreneur, c’est une famille toute entière qui veut résoudre des problèmes sociaux !

Très vite nous évoquons leur visite à Davos et écoutons avec attention leur histoire…

Leurs sentiments sont partagés ; Ils réalisent d’un côté la forte détermination de l’occident à contribuer au développement des pays dits du « Sud » et sont dès lors très honorés de pouvoir participer à cette évolution. Mais ils prennent également conscience des nombreux enjeux qui font obstacles et de la difficulté à faire bouger un système assez rigide.

Leur vision est cependant très claire ; les dirigeants sont les seuls à pouvoir provoquer des changements significatifs, mais pour donner une réponse adéquate, il est essentiel d’écouter les gens « à la base de la pyramide » et les organisations qui travaillent sur le terrain car c’est de là que vient l’impulsion !

Suite à cette rencontre pleine d’espoir, nous partons vers Tilcara en traversant la Quebrada d’Humahuaca… Comme très souvent dans ce voyage, nous passons de longues heures à discuter de l’importance de l’entrepreneuriat social et des différentes manières de renforcer la collaboration Nord-Sud. Nous sommes plus que jamais convaincus que l’apport de capitaux est un élément essentiel pour accélérer le développement.

Au milieu des canyons, des cactus et d’un chemin de fer désaffecté nous avons l’impression d’être au milieu d’un western. Cette région, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est surnommée la « Paleta del Pintor » (la palette du peintre) ; entre les roches rouges, les vallées vertes et le sable jaune, le mélange des couleurs est féerique !

En continuant sur cette magnifique « Ruta 40 », nous nous rendrons ensuite jusqu’à La Quiaca où nous passerons la frontière bolivienne….

A très bientôt,

Jo et Max

Nous voici à Salta dans le nord de l’Argentine après avoir déjà parcouru plus de 4000 kilomètres depuis notre départ. Du tango porteño au folklore de Salta, nous sommes marqués par les contrastes tant au niveau des rencontres que des paysages que nous traversons.

Après Buenos Aires, nous avons mis le cap vers Bariloche au nord de la Patagonie. Notre passage par Bariloche s’est décidé à seulement quelques jours du départ après avoir découvert qu’un entrepreneur d’exception s’y trouvait. Malgré le programme chargé qu’implique ce changement, nous n’hésitons pas une seconde et ne regretterons pas notre choix…

Dimanche 3 mai, nous arrivons donc à l’hostel Patanuk sur le bord du lac qui borde la ville de Bariloche. L’hostel est en restauration, mais Maria qui gère l’établissement accepte tout de même de nous héberger. Depuis le salon, la grande baie vitrée donne une vue imprenable sur l’horizon… Les paysages sont à couper le souffle et il nous est difficile d’imaginer qu’au milieu de ce décor rêveur, certaines personnes aient du mal à subvenir à leurs besoins quotidiens.

Pendant 2 jours, entre les grands lacs, les montagnes et les vastes plaines, nous sillonnons les routes afin de sélectionner les meilleures images pour le reportage. A bord de notre traditionnelle Gol argentine, il ne nous est pas évident de progresser aux travers de ces magnifiques panoramas ; en effet, nous ne résistons pas à l’envie de nous arrêter tous les 100 mètres pour pouvoir filmer les différents plans… On perd de vue le timing et en bons argentins nous arrivons en retard pour la visite avec Gustavo, l’entrepreneur social. Mais tout cela fait finalement partie de la culture locale: Gustavo arrive également avec une heure de retard et la fabuleuse rencontre peut commencer…

Après 48 heures d’intenses découvertes, nous repartons déjà vers Salta au nord de l’Argentine pour continuer le reportage… Au programme 2 jours de bus pour finalement être royalement accueillis par Philippine et Morgane qui sont en Erasmus à Salta.

Nous y restons 5 jours afin de rencontrer le 3ème entrepreneur dans la province de Jujuy, ensuite nous passerons la frontière bolivienne afin de continuer l’aventure et retrouver Thomas qui est encore en Belgique afin de régler les dernières formalités et qui nous rejoindra à la fin du mois.

A très bientôt,

Jo et Max


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Notre première visite d’entreprise se déroule à Buenos Aires et commence de manière épique…

Nous avons rendez-vous le mercredi matin à 10h près de la banlieue de Tigre, située à l’extérieur de Buenos Aires. Pour nous y rendre nous prenons un rémis (option similaire mais plus économique que le taxi) qui manifestement ne connaît pas le chemin pour s’y rendre.

Alors que nous avons déjà 45 min de retard, notre chauffeur s’arrête à chaque coin de rue pour demander son chemin. Après un énième stop, sa voiture tousse… et ne redémarre plus. On lui propose de sortir et nous commençons à le pousser sur 50 mètres jusqu’à ce que sa voiture redémarre. Étant donné que d’après les indications nous ne sommes plus très loin de notre destination, nous préférons continuer à pied…

Nous arrivons finalement à la coopérative Etilplast où nous sommes acueillis par Walter le co-fondateur de la coopérative. La discussion commence à l’entrée de la coopérative et se poursuivra dans son petit bureau après qu’il nous ait fait visité les lieux. D’apparence timide, Walter est intarissable lorsqu’il s’agit de parler de sa coopérative, de ses objectifs, des problèmes auxquels elle s’attaque et de ses perspectives pour le futur.

Problématique :

L’Argentine, comme beaucoup de pays émergents ou en voie de développement, ne bénéficie pas d’un système de tri des déchets à l’échelle nationale. Les déchets ne sont pas triés car la population n’a pas conscience des conséquences qu’une mauvaise gestion peut avoir sur l’environnement. L’activité de recyclage quant à elle n’a commencé à se répandre que récemment. En effet, tant que le peso argentin bénéficiait de la confiance des investisseurs, l’importation de matières premières était moins chère que l’achat de produits recyclés.

Contexte :

Suite à la crise qui frappe l’Argentine au début du 21ème siècle, le nombre de familles « cartoneros » augmente considérablement. D’après des chiffres de la Banque Mondiale, en 2000, plus de 100 000 familles supplémentaires vivent de cette activité. En Argentine, « cartonero » désigne les individus qui ramassent les déchets dans la rue pour essentiellement récupérer les cartons. Ils revendent ensuite ces cartons et vivent de ce revenu. Leur salaire moyen est de 3 euros par jour. Ces cartoneros sont mal considérés par la société à cause du caractère dégradant de leur travail et par conséquent la majorité d’entre eux souffre d’indifférence sociale. Ils sont également victime de conditions d’hygiènes très précaires et de répression tant de la part de la police que du crime organisé.

L’entrepreneur : 

En 2001, au plus fort de la crise, Walter Lizarazu termine ses études secondaires. Il envisage de poursuivre des études, mais la faillite du magasin de son père ne lui permet pas de les payer. Il se met à la recherche d’un travail, mais l’intensité de la crise qui touche son pays compromet rapidement sa recherche. Il n’a alors d’autres choix que de commencer comme cartonero. Walter est rapidement confronté à la lourdeur de la tâche : les déchets sont éparpillés de rue en rue, rien n’est trié, peu d’éléments sont récupérables et ce qu’il gagne en retour n’est pas très conséquent comparé à la débauche d’énergie nécessaire. Il est particulièrement marqué par le fait qu’en réalité il ne fait que trier ce que d’autres avant lui ont mélangé…Un jour, une entreprise de shampoing doit se débarrasser de 6 tonnes de plastique ; Walter s’en charge et y voit l’opportunité de lancer le projet de plus grande envergure auquel il pensait. En 2003, la coopérative Etilplast est née !

L’entreprise :

Etilplast est une coopérative qui emploie aujourd’hui 38 personnes. Sous l’impulsion de Walter et son père, ses membres ont commencé par se concentrer sur le recyclage du plastique. Ils ont ensuite progressivement étendu leur activité : actuellement ils traitent différents types de déchets : ceux qui sont irrécupérables sont directement envoyés à la décharge, le reste est acheminé à leur entrepôt. À cet endroit, les déchets sont triés ; après avoir été séparés, le carton et le verre sont revendus comme matière première à d’autres entreprises. Le plastique quant à lui est redirigé vers l’usine de recyclage où après avoir été traité, il en ressort une matière première dont  la qualité est quasi identique au produit d’origine.

Impact social :

La coopérative poursuit 2 objectifs fondamentaux : le premier est de sensibiliser la population à la problématique environnementale liée à la gestion des déchets. Etilplast ne se contente pas de trier et de recycler mais cherche à solutionner le problème en amont. Ils collaborent avec plusieurs écoles où ils éduquent les élèves à cette problématique. Walter est convaincu que si les jeunes comprennent l’enjeu du tri et du recyclage, ils auront la capacité d’influencer les habitudes de leurs parents. Le deuxième objectif est de fournir un travail valorisant à des personnes démunies. Walter est fier qu’Etilplast ait pu améliorer les conditions de vie de 38 familles. Cependant, son humilité est frappante et il n’aime pas dire qu’il est le fondateur d’Etilplast car il estime que tous les gens qui travaillent avec lui ont contribué à son développement.

Soutien financier :

La coopérative s’est d’abord financée par ses fonds propres. La majorité des bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise afin d’en améliorer le fonctionnement et d’accroître son impact social. En 2008, Etilplast a reçu un crédit de 600 000 pesos (+/- 145 000 euros) du fonds hollandais Oikocredit (voir profil dans catégorie « acteurs financiers »).  Ce crédit a des spécificités favorables au développement d’Etilplast ; par exemple, Etilplast bénéficie pendant 2 ans d’exemption de capital, ce qui signifie que durant les 2 premières années ils ne payent que des intérêts et ils ne commencent à rembourser le capital qu’à partir de la 3ème année. Cette exemption permet à Etilplast de bénéficier pleinement de l’impact du crédit avant de le rembourser. Le témoignage de Walter nous a suffi à mesurer l’impact de la contribution d’Oikocredit: « En cinq années d’existence, nous avions atteint le nombre de 20 travailleurs et nous récoltions les déchets d’environ 2300 familles. Suite au crédit d’Oikocredit, en 6 mois, nous sommes passés à 38 travailleurs et nous avons pu récolter les déchets de 1800 familles supplémentaires… ».

Walter termine l’interview en nous disant que « la vision d’Etilplast est que rien n’est impossible ». Il a commencé comme cartonero et il a désormais l’intention de répliquer son modèle et de l’étendre en espérant que cela pousse le pouvoir politique à prendre des mesures. Des initiatives similaires ont déjà vu le jour dans d’autres quartiers de Buenos Aires. La dévaluation du peso qui a suivi la crise Argentine a depuis quelques années dynamisé les initiatives domestiques de recyclage devenues meilleurs marchés que les importations de matière première. Alors qu’une nouvelle crise touche l’économie mondiale, Walter peut cette fois-ci aborder le futur de manière plus optimiste…



 

De 1998 à 2002, le pays connait une importante crise économique qui s’intensifie en 2001, lorsque le ministère de l’économie annonçe que le pays n’est plus en mesure de rembourser ses obligations. Cette crise a profondément dégradé la situation économique, politique et sociale du pays et  a provoqué une importante hausse de la pauvreté dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui.


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