Fairstreet

Social entrepreneurship & finance

L’objectif de Fair Street étant de mettre en avant une finance éthique et responsable, il était évident de s’intéresser au cas de la microfinance qui est l’une des activités financières qui a le mieux contribué à la réduction de la pauvreté lors des trois dernières décennies. Réduite à son expression la plus simple, la microfinance est « l’accès au capital des communautés les plus vulnérables ». A l’heure actuelle, près de 10 000 institutions de microcrédit servent 130 millions de personnes pour un encours total de 30 milliards d’euros. Avec un marché potentiel constitué par les 4 milliards d’individus qui vivent avec moins de 3 euros par jour, les possibilités de croissance sont encore très importantes.

En attribuant des prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques, la microfinance permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l’activité et la création de richesse dans les pays en voie de développement. Fondée sur des principes simples mais efficaces et responsables, l’activité de microcrédit est considérée comme l’un des moteurs majeurs de l’économie de ces pays.

Suivant le mode de fonctionnement des institutions ainsi que les régions et zones dans lesquelles elles sont actives, le montant des micro-crédits peut varier d’environ 100 à 2000 euros. Aujourd’hui l’activité des IMF’s ne se limite plus au crédit, mais comprend différents services financiers allant de l’épargne à la micro-assurance et même aux cartes de crédit ; d’où l’évolution du terme microcrédit à microfinance.

En participant directement au développement économique et social de populations défavorisées, la microfinance est un très bon exemple du message que veut véhiculer Fair Street. Dans le cadre de Fair Street, le cas de la microfinance est étudié sous 2 points de vue différents:

- Premièrement comme un domaine de l’entrepreneuriat social. L’entrepreneur social le plus illustre est sans nul doute le prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus fondateur de la Grameen bank qui, en créant la première institution de microcrédit, est parvenu à concilier intérêts économiques et sociaux. Le succès de son modèle a incité d’autres personnes à le répliquer aux quatre coins du globe. Fair Street a visité une institution de microfinance active en Bolivie qui sera l’objet du prochain reportage.

- Deuxièmement, la microfinance et l’entrepreneuriat social sont 2 activités qui aujourd’hui sont en train de converger. Plusieurs entrepreneurs sociaux collaborent avec des institutions de microfinance afin d’étendre l’impact social de leurs innovations. Cette collaboration peut prendre plusieurs formes. Tout d’abord, certains entrepreneurs sociaux collaborent avec des institutions de microfinance afin de profiter de leurs réseaux de distribution. C’est par exemple le cas de Sobre la Roca, qui vend une partie de ses fours solaires via une institution de microfinance. Cette institution accorde des crédits aux populations rurales de Bolivie afin de les aider à financer l’achat du four solaire. La microfinance peut également être à l’origine d’un système de micro-franchise en finançant plusieurs petites entreprises (les franchisées) dont les activitées sont centralisées par une organisation « mère ». D’autres formes de collaborations existent et c’est pourquoi de nombreux acteurs voient un potentiel énorme dans cette association.

Avec l’apparition de nouvelles approches et la diversification des activités, la microfinance, comme toute activité en pleine croissance fait face à différents défis. Le plus important d’entre eux étant d’éviter le surendettement des populations à qui elle s’adresse. En effet, si comme dans le cas de Sobre la Roca, l’octroi de crédit à la consommation peut avoir un effet positif sur la qualité de vie des gens à la base de la pyramide, le surendettement de ces personnes peut faire disparaître les nombreux progrès économiques et sociaux initiés par la microfinance. Il est donc essentiel que l’accent continue à être mis sur des prêts destinés à financer des activités génératrices de revenu.

Dans cette optique, les IMF’s en collaboration avec les gouvernements et les organes de régulation travaillent à l’établissement de pratiques de bonne et mauvaise gouvernance. Plusieurs pays ont par exemple mis en place des bureaux de crédits nationaux destinés à surveiller le niveau d’endettement de la clientèle des institutions de microfinance.

Ces différentes questions et les initiatives qu’elles suscitent sont indissociables de l’évolution de la microfinance et elles font partie d’un sain processus de maturation. La microfinance est un outil financier extraordinaire au service du développement économique de populations en voie de développement. En offrant à des millions de microentrepreneurs l’occasion de développer une activité professionnelle, elle constitue un levier puissant pour leur épanouissement et leur intégration dans la vie économique. Les réflexions visant à déterminer les meilleures pratiques sont donc indispensables.

Sources :

www.lamicrofinance.org

www.blueorchard.com