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Social entrepreneurship & finance

Archive for the ‘ Carnets de voyage ’ Category

Après trois semaines passées en Bolivie où nous avons rencontré trois entrepreneurs, nous voulons vous partager les particularités et les grandes richesses de ce pays qui nous a étonnés.

Quelques chiffres:

Superficie: 1 098 581 km² (36 fois la Belgique)

Population: 9 200 000 habitants

Concentration: 9 habitants au km²

D’une superficie 36 fois supérieure à celle de la Belgique, la Bolivie est entourée par le Pérou, le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et le Chili et est le seul pays d’Amérique du Sud, avec le Paraguay, à ne pas avoir accès à la mer ce qui complique grandement l’exportation de ses ressources naturelles. Cette isolation est une des conséquences de la guerre du pacifique perdue contre le Chili à la fin du XIXème siècle. Alors que ces évènements ont eu lieu il y a plus d‘un siècle, le ressentiment envers le Chili et le désir de récupérer un accès à la mer sont encore très présents dans les esprits Boliviens.

L’histoire politique et économique récente de la Bolivie est très agitée avec une succession de crises sociales engendrées principalement par deux problématiques.

Premièrement, la Bolivie est dominée depuis le début du XXème siècle par une dynastie minière qui tire sa richesse de l’exploitation des ressources naturelles du pays. La classe politique a veillé durant de nombreuses années à satisfaire prioritairement ces élites n’accordant qu’une attention limitée à l’émancipation de la frange indienne de la population représentant pourtant 60% de la population totale. Ne sentant pas de réel projet politique, économique et social leur permettant de se développer, les indiens commencèrent à manifester régulièrement, provoquant  la chute de nombreux régimes dans le but de faire entendre leurs droits.

Deuxièmement, les boliviens ont longtemps entretenu une frustration liée à l’exploitation de leurs ressources naturelles et du gaz plus particulièrement estimant que les sociétés pétrolières se chargeant de leur exploitation s‘accaparaient une trop grande part de leur bénéfice. Ce désir de pouvoir jouir des fruits de leur terre prit une importance grandissante dans les revendications de la population bolivienne, et cela de manière proportionnelle à la chute de la Bolivie dans les indices de développement économique.

Les présidents Boliviens furent les principales victimes de cette agitation. Depuis 1945, la Bolivie a déjà changé 35 fois président. A titre de comparaison, durant la même période, la Belgique a connu 15 premiers ministres et la France 8 présidents.

En 2005, un séisme se produit dans la vie politique Bolivienne. Le Cocalero Evo Morales (appelé ainsi car il exploite des champs de coca) est élu président de la République. D’origine indienne, il reçoit le soutien d’une grande partie de la population et forme un gouvernement d’inspiration socialiste et indigéniste, en rupture avec la politique intérieure favorable aux Etats-Unis. Celui-ci entreprendra des réformes économiques contestées par les occidentaux mais demandées de longue date par la population bolivienne. La nationalisation de la gestion du gaz, via une rupture des contrats développés avec les entreprises pétrolières occidentales, en est la principale. Avec le recul, cette nationalisation prend d’avantage la forme d’une renégociation de contrat, la Bolivie n’ayant pas les capitaux nécessaires pour exploiter pleinement ses ressources naturelles de manière indépendante.

La Bolivie possède une géographie atypique traversée en sa moitié est par les Andes et son Altiplano alors que sa moitié ouest est recouverte par la forêt Amazonienne.

L‘Altiplano est le second plateau le plus haut du monde avec une altitude moyenne de 3300 mètres. A l’origine, l’Altiplano était recouvert d’un vaste lac, le Ballivián. Cette étendue d’eau est à l’origine du Lac Titicaca et du Salar d’Uyuni, grand lac de sel, deux des attractions touristiques principales du pays. L’Altiplano est le Berceau de 70% de la population Bolivienne. La Paz, capitale administrative de la Bolivie en est la ville principale. Située entre 3200 et 4000 mètres d’altitude ce qui en fait la capitale la plus haute du monde, la ville est divisée en deux parties: El Alto et La Paz. El Alto, partie la plus pauvre de la ville où résident plus d’1 000 000 de Boliviens s’étend sur l’Altiplano à plus de 4000 mètres d’altitude alors que la ville de La Paz est encastrée dans une vallée. Celle-ci recèle de points de vues surréalistes où les maisons floquées à flanc de montagne sont encadrées par des volcans et glaciers enneigés l’année durant. Petit détail sociologique amusant, comme dans de nombreuses villes d’altitude, les beaux quartiers de La Paz sont situés dans le bas de la ville à 3200 mètres d’altitude contrairement à ce qui se fait majoritairement dans nos villes occidentales.

La partie Est du pays est recouverte par la forêt Amazonienne. Santa Cruz, poumon économique du pays et capitale de l’état du même nom en est la ville principale. Ces dernières années, Santa Cruz, menée par une élite « occidentalisée » a fait montre de velléités d’indépendance grandissantes.

Nous avons tous trois été fort marqués par notre séjour en Bolivie tant ce pays plein de contrastes est attachant. La gentillesse des Boliviens, la splendeur d’endroits tels que le lac Titicaca ou le Salar d’Uyuni et la frénésie de La Paz en font un pays unique à visiter. Avec tous ces atouts, le statu-quo économique et l’instabilité chronique du pays n’apparaissent que plus désolants tant le potentiel est là.


Max, Jo et Thomas

Notre itinéraire bolivien s’est soudainement modifié lorsque d’un bar wifi de Salta (en Argentine), nous décidons d’appeler Ruth Saavedra notre 4ème entrepreneur…  N’ayant plus de nouvelles de Ruth depuis plusieurs semaines, nous voulons nous assurer que notre visite est toujours d’actualité ! Lors d’un skype presque incompréhensible, nous parvenons tout de même à entendre: «me voy de viaje durante un mes en una semana » (je pars en voyage pendant un mois la semaine prochaine) ! La visite était initialement prévue 3 semaines plus tard, c’est-à-dire en plein milieu de son voyage…

Nous raccrochons assez anxieux… Les imprévus de voyage arrivent fréquemment mais nous ne voulons en aucun cas manquer la visite de cet entrepreneur !

Nous passons 15 minutes à discuter des différentes solutions. Ruth nous dit qu’elle part dimanche matin mais elle accepte de nous recevoir le vendredi. En faisant Tilcara-Cochabamba d’une traite et sans imprévu de voyage, on se rend compte que nous pouvons arriver le jeudi soir. Le timing est serré mais possible ! Le rendez-vous est donc fixé à vendredi matin 7h30 ; nous ne pouvons pas rater la moindre connexion de train et bus !

Vendredi matin 7h30, nous arrivons aux bureaux de Sobre la Roca, Ruth et Gerardo nous attendent dans leur 4×4 pour nous emmener présenter leur produit très particulier à une communauté de mineurs vivant dans les campagnes à 3 heures de Cochabamba….

A l’arrière du 4×4, nous réalisons à quel point ce projet nous permet de découvrir non seulement le travail des entrepreneurs sociaux mais également les réalités et les merveilles des pays que nous traversons… Ce trajet « hors des sentiers battus » nous emmène au cœur de la Bolivie réelle ! Pendant 2 heures, sur un chemin de terre, nous traversons des villages reculés et de somptueuses vallées arides où seules quelques cultures au bord de la rivière permettent aux habitants de s’auto-subvenir.

Finalement, grâce à de vagues indications de paysans, nous arrivons à notre destination : « el centro 4 rincones » (le centre des 4 coins). Il s’agit d’une coopérative de mineurs et paysans de la région qui se réunissent une fois par mois pour discuter de problématiques telles que la gestion des eaux, des terres, etc.  Aujourd’hui, l’un des thèmes de leur réunion sera l’éventuel achat du produit que l’équipe de Ruth est venue présenter.

Participer à cette réunion est une expérience mémorable… Dans un petit local, ils sont une 50aine de boliviens à débattre en quechua (langue natal des boliviens de la région de « l’altiplano ») des différents thèmes de la communauté, finalement à la fin de la réunion, le vote se fait à main levée.

Au terme d’un déjeuner dont nous nous souviendrons toute notre vie (vous découvrirez les raisons dans le profil de Sobre la Roca) nous reprenons la route à sens inverse pour retourner à Cochabamba où nous assistons à un discours inattendu du Président Evo Morales.

Nous resterons au total une semaine à Cochabamba, où nous rencontrerons également la 5ème entreprise… Cette ville aux multiples visages nous étonne par ses nombreux contrastes ; les places coloniales nous rappellent l’occupation espagnole tandis qu’autour se mélangent quartiers modernes et marchés typiques boliviens.

Suite à cette semaine intense, nous reprenons la route vers le sud de la Bolivie afin de nous rendre à Uyuni… Cochabamba-Oruro-Uyuni, voici l’itinéraire du jour ! L’essentiel est de ne pas rater le train Oruro-Uyuni car les départs se font une fois tous les 2 jours…

Cependant, face aux magnifiques vallées de « l’altiplano » ou aux troupeaux de lamas nous ne résistons pas à l’envie de nous arrêter pour immortaliser ces moments et réalisons qu’il devient de plus en plus difficile d’arriver à Oruro à 15h30 pour prendre notre train.

Nous arrivons aux guichets à 15h31 ! Le train est toujours là mais… démarre déjà ! Face à nos habitudes européennes, si le train est en marche, nous sommes persuadés de l’avoir raté… Pourtant le guichetier veut tout de même nous vendre le ticket… Nous ne comprenons pas trop, mais décidons d’acheter les tickets ! « Il faut présenter les passeports »… Le train prend de la vitesse…

Lorsque les tickets sont imprimés, des boliviens nous font signe de courir vers le train qui ne décide pourtant pas de s’arrêter… Nous courons donc à côté du dernier wagon avec nos 3 gros sacs, le contrôleur nous aide à lancer les sacs dans le train avant qu’à notre tour, nous puissions prendre le train en marche.

Nous reprenons finalement nos esprits dans le wagon bagages, en voyant cette petite gare qui s’éloigne, nous réalisons qu’à 10 secondes près, nous serions toujours sur le quai.

 En traversant le lac Poopó, nous observons le magnifique coucher de soleil qui nous mène vers notre prochaine destination : le Salar d’Uyuni…


Jo et Max

 

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Vendredi 8 mai, nous nous rendons à Jujuy afin de rencontrer le 3ème entrepreneur. Les voyages réservent constamment des surprises ; une nouvelle destination est toujours synonyme de nouvelle culture, nouveaux paysages, nouvelles rencontres,… Une grande surprise de notre aventure Nord-Argentine restera certainement notre rencontre avec la famille Gronda !

Jorge Gronda est un médecin qui a développé dans la province de Jujuy un système de soin de santé innovant. Son modèle d’organisation l’a amené jusqu’au Forum économique mondial de Davos en 2008, afin de partager sa vision du changement.

Après notre visite au centre CEGIN, Jorge nous invite à déjeuner chez lui avec sa famille. Dans une ambiance très décontractée, nous réalisons rapidement le rôle essentiel que joue la famille de Jorge dans le développement de son organisation ; sa femme Irene et son fils Simon connaissent les moindres détails de l’organisation et leur implication est un élément primordial afin d’accompagner Jorge dans ses réflexions…

Plus qu’un entrepreneur, c’est une famille toute entière qui veut résoudre des problèmes sociaux !

Très vite nous évoquons leur visite à Davos et écoutons avec attention leur histoire…

Leurs sentiments sont partagés ; Ils réalisent d’un côté la forte détermination de l’occident à contribuer au développement des pays dits du « Sud » et sont dès lors très honorés de pouvoir participer à cette évolution. Mais ils prennent également conscience des nombreux enjeux qui font obstacles et de la difficulté à faire bouger un système assez rigide.

Leur vision est cependant très claire ; les dirigeants sont les seuls à pouvoir provoquer des changements significatifs, mais pour donner une réponse adéquate, il est essentiel d’écouter les gens « à la base de la pyramide » et les organisations qui travaillent sur le terrain car c’est de là que vient l’impulsion !

Suite à cette rencontre pleine d’espoir, nous partons vers Tilcara en traversant la Quebrada d’Humahuaca… Comme très souvent dans ce voyage, nous passons de longues heures à discuter de l’importance de l’entrepreneuriat social et des différentes manières de renforcer la collaboration Nord-Sud. Nous sommes plus que jamais convaincus que l’apport de capitaux est un élément essentiel pour accélérer le développement.

Au milieu des canyons, des cactus et d’un chemin de fer désaffecté nous avons l’impression d’être au milieu d’un western. Cette région, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est surnommée la « Paleta del Pintor » (la palette du peintre) ; entre les roches rouges, les vallées vertes et le sable jaune, le mélange des couleurs est féerique !

En continuant sur cette magnifique « Ruta 40 », nous nous rendrons ensuite jusqu’à La Quiaca où nous passerons la frontière bolivienne….

A très bientôt,

Jo et Max

Nous voici à Salta dans le nord de l’Argentine après avoir déjà parcouru plus de 4000 kilomètres depuis notre départ. Du tango porteño au folklore de Salta, nous sommes marqués par les contrastes tant au niveau des rencontres que des paysages que nous traversons.

Après Buenos Aires, nous avons mis le cap vers Bariloche au nord de la Patagonie. Notre passage par Bariloche s’est décidé à seulement quelques jours du départ après avoir découvert qu’un entrepreneur d’exception s’y trouvait. Malgré le programme chargé qu’implique ce changement, nous n’hésitons pas une seconde et ne regretterons pas notre choix…

Dimanche 3 mai, nous arrivons donc à l’hostel Patanuk sur le bord du lac qui borde la ville de Bariloche. L’hostel est en restauration, mais Maria qui gère l’établissement accepte tout de même de nous héberger. Depuis le salon, la grande baie vitrée donne une vue imprenable sur l’horizon… Les paysages sont à couper le souffle et il nous est difficile d’imaginer qu’au milieu de ce décor rêveur, certaines personnes aient du mal à subvenir à leurs besoins quotidiens.

Pendant 2 jours, entre les grands lacs, les montagnes et les vastes plaines, nous sillonnons les routes afin de sélectionner les meilleures images pour le reportage. A bord de notre traditionnelle Gol argentine, il ne nous est pas évident de progresser aux travers de ces magnifiques panoramas ; en effet, nous ne résistons pas à l’envie de nous arrêter tous les 100 mètres pour pouvoir filmer les différents plans… On perd de vue le timing et en bons argentins nous arrivons en retard pour la visite avec Gustavo, l’entrepreneur social. Mais tout cela fait finalement partie de la culture locale: Gustavo arrive également avec une heure de retard et la fabuleuse rencontre peut commencer…

Après 48 heures d’intenses découvertes, nous repartons déjà vers Salta au nord de l’Argentine pour continuer le reportage… Au programme 2 jours de bus pour finalement être royalement accueillis par Philippine et Morgane qui sont en Erasmus à Salta.

Nous y restons 5 jours afin de rencontrer le 3ème entrepreneur dans la province de Jujuy, ensuite nous passerons la frontière bolivienne afin de continuer l’aventure et retrouver Thomas qui est encore en Belgique afin de régler les dernières formalités et qui nous rejoindra à la fin du mois.

A très bientôt,

Jo et Max


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Bienvenue sur le site de Fair Street !

Après 3 mois d’intense préparation, l’aventure commence.

Au cours des mois de mai, juin et juillet, nous vous invitons à découvrir le portrait des entreprises visitées, des acteurs financiers qui les soutiennent, mais aussi les interventions de nos invités sur les thématiques abordées par le projet.

Victor Hugo a dit « Il est une chose plus forte que toutes les armées du monde, c’est une idée dont le temps est venu »

Vivez l’aventure avec nous et découvrez certaines de ces idées !

Aujourd’hui, dernière journée de préparation à Buenos Aires, demain nous partons vers Bariloche en Patagonie…

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De la Patagonie au salar d’Uyuni, du lac Titicaca au Machu Pichu, de Lima à Santiago,…nos rencontres nous mèneront à travers des paysages magnifiques et des lieux mythiques…

Découvrez ces lieux, ces cultures, ces pays dans les articles carnets de voyage! 

Aujourd’hui, il est indispensable de tenir compte de l’impact de nos actions sur l’environnement, c’est pourquoi Fair Street est CO2 neutre pour toutes les émissions liées au transport ! Apprenez en plus sur le réchauffement climatique grâce à cette superbe vidéo réalisée par Angalio Production et CO2logic.

Climat Change from Angalio Productions on Vimeo.