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Social entrepreneurship & finance

Archive for the ‘ Acteurs Financiers ’ Category

Suite à l’interview de Jacqueline Novogratz, voici un profil plus détaillé d’Acumen Fund, qu’elle a fondé en 2001 avec l’aide de plusieurs organisations internationales.

Acumen est un fonds international de venture capital basé à New York ayant pour objectif de résoudre des problèmes de pauvreté au travers d’une approche entrepreneuriale. Acumen cible des entreprises performantes dont les activités ont un impact positif sur les personnes représentant la « base de la pyramide » (dont le revenu journalier est inférieur à 2€). L’objectif central est de favoriser la diffusion de services et de biens indispensables tels que la santé, l’eau, le logement et l’énergie.

Acumen est financé uniquement à l’aide de capitaux philanthropiques. Ceci est une des clés de son succès puisqu’il lui permet de disposer d’un capital patient et d’adopter une stratégie d’investissement de long terme. Investir sur un horizon de 7 à 10 ans est essentiel pour l’entreprise ciblée car cela lui permet de se développer et d’être stable lorsqu’Acumen décide de désinvestir. En adoptant une stratégie d’investissement plutôt que de donation, Acumen privilégie une approche durable pour combattre la pauvreté en offrant de la dignité à ses partenaires tout en évitant de créer une dépendance financière.

Acumen offre des solutions adaptées aux besoins de ses partenaires en mettant à leur disposition différents instruments financiers et types de capitaux. Ses investissements se font soit sous forme d’actions soit sous forme de prêts oscillants entre $300,000 et $2,000,000. Basé sur un modèle « non profit », les bénéfices générés par les investissements sont systématiquement réinvestis dans de nouveaux projets.

Les bénéficiaires des services d’Acumen doivent démontrer leur aptitude à rencontrer les objectifs suivants :

- avoir un impact social majeur

- atteindre une rentabilité financière à moyen terme

- maintenir un taux de croissance soutenu

En plus de cela, Acumen exige de ses partenaires qu’ils soient entièrement impliqués dans la relation et qu’ils aient des standards éthiques et sociaux irréprochables.

En investissant ses capitaux de manière efficiente, Acumen soutient à l’heure actuelle 26 entreprises qui touchent à leur tour plus de 36 millions de personnes dans le monde.

Pour plus d’info, visitez leur site web : www.acumenfund.org

acumen

Blue Orchard est le principal acteur mondial en matière d’investissements commerciaux dans le secteur de la microfinance. Créé en 2001 et basé en Suisse à Genève, Blue Orchard soutenait fin 2008 près de 140 institutions dans plus de 40 pays.

La mission de BlueOrchard est de « contribuer à l’autonomie des personnes défavorisées dans le monde entier, par le biais d’investissements commerciaux dans la microfinance, et d’améliorer la qualité de vie des plus pauvres en soutenant leur esprit d’entreprise».

Pratiquement, Blue Orchard crée un pont entre les marchés financiers internationaux et les institutions de microfinance (IMF) en investissant dans celles-ci sous forme de dette ou de capital.

En utilisant des solutions de placement et des instruments financiers innovateurs, Blue Orchard favorise le flux entre le marché des capitaux privés et les institutions de microfinance. C’est de cette manière que Blue Orchard parvient à générer un retour sur investissement attractif tout en soutenant la croissance de millions de petites entreprises prometteuses.

Blue Orchard considère ses investissements dans les IMFs comme des partenariats durables et veut être présent à chaque étape de leur développement. Comme nous avons pu l’observer lors de notre visite dans l’entreprise CRECER, ce type d’approche est très apprécié au sein des institutions de microfinance dont les besoins de capitaux varient au fil de leur évolution.

Les investissements de Blue Orchard se concentrent sur les IMFs car il a été prouvé que c’est un mécanisme efficace permettant le développement de l’entrepreneuriat et créant de la valeur pour les personnes « à la Base de la Pyramide ». 53% des clients d’IMFs soutenues par Blue Orchard sont des femmes et reçoivent des micro-prêts variant entre 50 et 8000 dollars.

Afin de pouvoir injecter plus de capital au sein du secteur de la microfinance, Blue Orchard a lancé en 2007 son propre fonds de private equity. Au 31 décembre 2008, ce fond gérait 130 millions de dollars provenant à 80 % d’investisseurs institutionnels et à 20% d’investisseurs individuels. Les résultats du fonds ont été excellents jusqu’à présent. Cette tendance devrait se maintenir et permettre ainsi à Blue Orchard de renforcer son statut d’institution de référence en matière de soutien financier aux IMFs.

Pour plus d’info, visitez www.blueorchard.com

blueorchard

L’un des principaux défis de l’institution de microfinance CRECER est d’avoir à disposition suffisamment de capitaux afin de répondre à la demande croissante de micro-prêts. Bien qu’étant une institution rentable, CRECER nécessite donc des financements externes, tels que ceux d’Alterfin, afin d’assurer sa croissance et augmenter son nombre de clients ; en effet chaque apport de 500.000 dollars lui permet de toucher 1200 personnes en plus.

Alterfin est une institution financière belge, basée à Bruxelles, qui a pour objectif de renforcer la coopération Nord-Sud en investissant dans des institutions de micro-crédit et des associations de petits producteurs liées au commerce équitable. Au travers de leurs investissements, ils veulent contribuer à la construction d’un réseau financier accessible aux groupes socialement et économiquement défavorisés, qui n’ont que rarement accès aux institutions traditionnelles de crédit.

Alterfin ne fait pas de dons mais investit. En choisissant une stratégie de financement conforme au marché, Alterfin est en mesure de mobiliser davantage de moyens financiers tout en réduisant la relation de dépendance qu’impliquent les initiatives de charité.

Alterfin mobilise donc du capital dans les pays du Nord grâce à l’émission d’action auprès d’investisseurs privés. Le capital d’actions constitue la base financière à partir de laquelle Alterfin réalise ses investissements. Fin 2008, le capital social d’Alterfin s’élevait à 8,8 millions d’euro apportés par plus de 1200 actionnaires.

En plus de son capital propre, Alterfin gère un portefeuille d’environ 18 millions, ceci a été rendu possible grâce à un accord passé avec le fond d’investissement suisse responsAbility. Alterfin collabore également avec la banque durable Triodos. Membre fondateur d’Alterfin, la banque Triodos met une ligne de crédit à disposition d’Alterfin grâce à l’épargne générée par leurs comptes Nord-Sud.

Les investissements d’Alterfin se font principalement via l’octroi de crédit (94%), le reste du capital est investi sous forme de participations ou de garanties. Les montants de crédits octroyés varient entre 30.000 et 600.000 dollars pour une durée de maximum 5 ans et à un taux d’intérêt annuel variant entre 6 et 10%. Les projets qu’Alterfin supporte doivent d’une part avoir un impact social et économique significatifs sur les populations les plus marginalisées tout en présentant d’autre part une viabilité financière réelle.

Après plus de 15 ans d’expérience, la coopérative Alterfin gère un portefeuille total de plus de 25 millions d’euro supportant plus de 60 initiatives dans le Sud. Les investissements gérés par Alterfin ont un impact sur au moins 50.000 personnes et leurs familles. En 2008, Alterfin a connu une croissance de 17% en termes de capital.

Pour plus d’info, visitez : www.alterfin.be

En 2002, l’entreprise Coronilla a reçu 400 000 dollars du fonds d’investissement SEAF. Cet apport, sous forme de capital et de dette, a permis à Coronilla de se convertir en société anonyme et de développer son marché d’exportation. A la fin du processus, Coronilla a eu l’opportunité de racheter les parts de SEAF.

Small Enterprise Assistance Fund (SEAF) est une société d’investissement basée à Washington. Ils se focalisent principalement sur les petites et moyennes entreprises à haut potentiel de croissance dans les pays en développement en leur fournissant du capital et en apportant un soutien technique et opérationnel.

SEAF se positionne avant tout comme une entreprise rentable et professionnelle, soucieuse du return de ses actionnaires. En plus de la performance financière, SEAF veut contribuer au développement économique et social des pays en développement. Leur stratégie est d’utiliser leurs capitaux, leur « know how » et leur réseau global afin d’accélérer la croissance et la rentabilité des entreprises avec pour objectif central de leur permettre de générer des bénéfices économiques qui profitent aux communautés locales.

SEAF est structuré en équipes locales présentes dans des marchés souvent peu attractifs aux yeux des investisseurs traditionnels (ils ont récemment ouvert un bureau local en Afghanistan) et choisit des entreprises efficientes à hauts potentiels de croissance gérées de manière compétentes. En plus d’apporter des capitaux, SEAF offre un soutien technique et opérationnel aux entreprises leur permettant de se professionnaliser et d’améliorer leur structure organisationnelle. L’entreprise Coronilla s’est par exemple convertie en société anonyme grâce au soutien de SEAF. Travailler avec des équipes locales et être attentifs à la culture de chaque pays est donc une composante essentielle du fond SEAF.

SEAF a investi plus de 260 millions de dollars dans plus de 30 pays principalement en Asie, Europe et Amérique Latine. Jusqu’à présent, le fond a accompli près de 150 investissements générant en moyenne une plus-value représentant 1,7 fois le montant initialement investit.

SEAF considère que les PME sont un outil efficace pour dynamiser la croissance des pays en développement et pour lutter contre la pauvreté. Ils se focalisent sur les entreprises ayant un impact positif sur le plan social et environnemental et excluent de leurs investissements les activités liées au tabac, alcool, armement et toutes autres activités engendrant de la spéculation ou ayant un effet néfaste sur la société.

L’investissement sous forme de capital et la dette subordonnée sont les principaux instruments financiers que SEAF utilise. Ils prennent soin de garder une certaine sécurité face à la liquidité de leurs investissements au travers « d’exit rigths » rigoureusement définis tout en favorisant une approche assez flexible pour répondre adéquatement aux particularités de chaque entreprise.

L’impact des investissements de SEAF est considérable tant d’un point de vue financier que social ; il a été prouvé que chaque dollar investi par SEAF a généré en moyenne 12 dollars au sein de l’économie locale. Les effets bénéfiques des investissements se font ressentir sur l’ensemble des « stakeholders » incluant les employés, fournisseurs, consommateurs et le reste de la société.

Le return financier moyen des investissements de SEAF est de 21%, cependant le return global (Economic Rate of Return) augmente à 66% si on inclut les facteurs sociaux et l’impact global sur la société.

SEAF se finance principalement au travers d’investisseurs institutionnels (la Banque Mondiale, la banque européenne pour le développement, le Belgian Investment Office, etc.) soucieux de l’impact social et de la durabilité de leurs investissements

Pour plus d’info, visitez www.seaf.com


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E+Co a soutenu Sobre la Roca en 2005 au travers d’un prêt de $20,000 remboursable en trois ans. Cet apport financier a été essentiel dans le développement de l’entreprise qui a ensuite vu ses ventes croître de 300%.

Créé il y a 15 ans, E+Co est un fond d’investissement social américain qui soutient exclusivement des entrepreneurs actifs dans les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement. E+CO part du constat qu’il existe une demande pour des énergies vertes à des prix abordables dans ces pays et que cette demande peut être satisfaite par les entrepreneurs locaux.

Aujourd’hui, E+Co investit dans plus de 200 entreprises. Sur un total de 28,8 millions de dollars, 88% des investissements d’E+Co sont sous forme de dette, les 12% restant étant sous forme capital. Les investissements d’E+Co oscillent entre $20,000 et $1,000,000.

La majorité de ces investissements se situe en Afrique et en Amérique du Sud. D’un point de vue technologique, l’énergie solaire constitue la cible majeure des investissements en accaparant 32% de leur total.

En ce qui concerne la stratégie d’investissement, E+Co investit de manière très rigoureuse et sur base des critères suivants:

1) L’initiative doit être bien structurée et menée par des gens compétents.

2) L’initiative doit être active dans la production d’énergie, utiliser ou financer des énergies abordables, fiables qui améliorent la performance énergétique des communautés.

3) L’initiative doit offrir un impact social et environnemental positif tout en étant compétitive par rapport aux alternatives existantes.

4) L’initiative doit avoir la capacité de s’autosuffire financièrement et avoir un potentiel de croissance.

L’évaluation de la performance des investissements constitue un élément central de la stratégie d’E+Co. Pour ce faire, E+Co a développé 34 indicateurs sociaux, environnementaux et financiers. Pratiquement, les données sur la performance des différents investissements sont collectées deux fois par an et sont intégrées dans un “tableau d’impact”, qui permet d’évaluer la performance globale de l’entreprise.

Depuis sa création, E+Co a permis à 4,8 millions de personnes d’utiliser des énergies propres. E+Co a également permis la plantation de 335,000 arbres ainsi qu’une réduction des émissions de CO2 à hauteur de 4,6 millions de tonnes. Au total, toutes ces actions ont permis d’économiser 11,2 millions de dollars.

Pour plus d’info, visitez www.eandco.net

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Suite à l’interview de Michael Chu, voici un profil plus détaillé d’IGNIA Fund, le social venture fund qu’il a co-fondé et dont il est le managing director.

Fondé en juin 2007 et basé au Mexique, IGNIA Fund est un fond de capital à risque cherchant à soutenir des entreprises sociales possédant un fort potentiel de croissance. IGNIA Fund organise la rencontre entre les marchés financiers et le secteur de la « Base de la Pyramide » en apportant du capital aux entreprises se focalisant sur ce secteur. Ces entreprises inspirent généralement la méfiance des investisseurs, à cause notamment d’une période d’incubation plus longue que les entreprises dites classiques, et connaissent alors des difficultés à se financer. Selon les fondateurs d’IGNIA, le marché constituant « la Base de la Pyramide » possède un potentiel énorme. En Amérique latine, ils sont plus de 360 millions d’individus à représenter la base de pyramide économique et sociale et leur pouvoir d’achat est estimé à 520 milliards USD.

En mai, IGNIA a clôturé sa 3ème levée de fonds totalisant désormais des fonds propres d’un montant de 40.7 millions USD. Soros Economic Development Fund, la fondation philantropique du célèbre investisseur George Soros, a notamment apporté 5 millions USD lors de cette levée. Comme nous l’a confié Michael Chu, les levées de fonds d’IGNIA n‘ont pas été affectées par le ralentissement mondial des marchés financiers, permettant à IGNIA de se rapprocher de son objectif de 50m USD - 75m USD d’equity. En ajoutant la ligne de crédit de $25m octroyée par la banque interaméricaine du développement, IGNIA aura un total de $75m-$100m à investir dans les initiatives traitant les problème sociaux les plus pressants de la planète. Les montants investis oscilleront entre $2m et $10m et la durée des investissements sera de 12 à 15 ans. Selon les fondateurs d’IGNIA, c’est la durée nécessaire à la réalisation d’un impact social majeur. IGNIA ne se focalise pas sur un secteur particulier et cherche à diversifier son portefeuille d’entreprises. Au niveau géographique, si actuellement leurs investissements se concentrent sur le Mexique, leur ambition est de participer au développement de la « Base de la Pyramide » dans toute l’Amérique latine.

En plus d’un return social évident, IGNIA Fund veut offrir à ses investisseurs un rendement financier au-dessus de la moyenne (15 à 30%). Si ses 2 fondateurs, Michael Chu et Alvaro Rodriguez, pensent que les entreprises ayant un impact social représentent le futur de notre société, ils pensent également qu’un changement durable ne peut s’accomplir que par le développement d’industries toutes entières (impliquant l’émergence de plusieurs entreprises). Or le développement d’industries nécessite des rendements financiers supérieurs à la moyenne. C’est pourquoi, offrir des rendements financiers intéressants est, au même titre qu’accomplir un impact social majeur, l’un des deux engagements pris par IGNIA envers ses investisseurs.

Le premier investissement réalisé par IGNIA Fund est une prise de participation de 3 millions USD au capital de l’entreprise mexicaine Primedic basée à Monterrey. Primedic offre des soins de santé de qualités aux personnes les plus démunies en se basant sur un système d’adhérents. Les capitaux apportés par IGNIA doivent permettre à Primedic d’étendre ses services dans d’autres villes du Mexique. À ce stade-ci, la performance de l’investissement dépasse largement les attentes d’IGNIA.

Pour plus d’info, visitez: www.ignia.com.mx


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Oikocredit est une institution financière basée aux Pays-Bas, spécialisée dans les investissements éthiques et dont le but est de financer des projets de développement dans le Sud. Le nom Oikocredit en lui-même représente parfaitement la philosophie de l’organisation ; le mot Oiko est dérivé du mot grec ancien « Oikos » (« maison », « communauté », « monde ») et crédit réfère au mot latin « credere » (« croire »).

Fonctionnant selon un modèle de coopérative, Oikocredit fournit des services financiers durables à des institutions de microfinance, des entreprises sociales, des PME’s,… avec l’objectif central de procurer un financement qui soit en faveur du développement. Les critères d’attribution du capital se basent sur la viabilité et la faisabilité du projet d’entreprise mais également sur la participation des femmes, l’impact social et environnemental.

Oikocredit, avec plus de 30 ans d’expérience, a réussi à développer une structure solide et  est aujourd’hui présent dans 69 pays. L’institution a particulièrement bien résisté à la crise financière en affichant des résultats positifs en 2008 ; leurs investissements ont connu une croissance de 32%.

En proposant des services financiers tels que des prêts, des placements en actions, des lignes de crédit,… Oikocredit et ses partenaires ont aidé en 2008, 15 millions de personnes à travers le monde à améliorer leur condition de vie.

Pour plus d’info, visitez leur page web : www.oikocredit.org

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Fair Street veut mettre en avant le visage d’une finance éthique et responsable. Au cours du voyage, vous découvrirez les acteurs financiers impliqués dans le projet « Fair Street » mais également d’autres modèles que nous trouvons passionnants. Ils partagent tous le même objectif : combiner la performance sociale et économique.  Au travers de leur diversité, faites-vous une idée des nombreuses possibilités qui existent et des innombrables opportunités qui persistent…